Sillonner

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Sans que j’aie aucune illusion quant à un quelconque retour de la « nature en ville » durant cette période de confinement, j’aurai tout de même profité du gain de temps pour explorer plus avant ce qui est proche, pour emprunter quotidiennement des chemins que je pensais connaître, pour cultiver une attention renouvelée, et salvatrice, envers une série de cohabitants plus ou moins discrets. Ces déambulations en formes d’inventaires m’auront ainsi permis d’identifier, par l’observation visuelle et/ou l’écoute, toute une série d’oiseaux, et ce plus que lors de tout autre printemps précédent, dans la zone qui va du haut du quartier du Laveu aux flancs du terril Piron, sur les hauteurs du stade de foot de Sclessin.

Emprunter de la sorte le même chemin tous les jours crée une familiarité, une disponibilité aux métamorphoses banales du paysage. En un terme, il s’agit de « sillonner ». Ce terme me plaît, car il évoque à la fois le champ qu’on laboure en laissant un sillage, tout autant que le disque lu dans un mouvement circulaire incessant. Il s’agit ainsi de creuser un territoire (un sol, une idée, une occupation) en y laissant une trace (mais discrète, mais réversible). Le mot paraît d’autant plus intéressant lorsqu’on découvre qu’en 1575, dans la Cosmographie universelle de Thevet, il signifie « parcourir un espace de mer en tous sens ». Le fait de « sillonner » encouragerait ainsi la vocation à l’exploration, à la reconnaissance de tout ce qui est susceptible de croiser notre regard. Nul doute aussi que le sillon me plaise car, comme le pli ou l’interstice du paysage (ou de la pensée), il est un creux, un creux dans lequel on peut se cacher, trouver et construire une niche ou s’embusquer.

Voici donc une liste, en cours d’élaboration, des oiseaux croisés en sillonnant :

Grand Cormoran, Pic épeiche, Rougequeue noir, Rougequeue à front blanc, Pouillot fitis, Fauvette à tête noire, Verdier d’Europe, Pouillot véloce, Accenteur mouchet, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Fauvette babillarde, Moineau domestique, Fauvette des jardins, Fauvette grisette, Corneille noire, Pinson des arbres, Sittelle torchepot, Rouge-gorge familier, Pic vert, Pigeon ramier, Grive musicienne, Pie bavarde, Merle noir, Buse variable, Héron cendré, Faucon pèlerin, Troglodyte mignon, Mésange à longue queue, Roitelet (espèce indéterminée), Geai des chênes, Martinet noir, Hirondelle de cheminée.

Pour conclure, il serait injuste de ne pas mentionner la rencontre furtive avec plusieurs renards, écureuils et rats.

2 commentaires sur “Sillonner

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  1. Bonjour dis;
    Merci pour ce récit de terril, ça m’a donné envie de le re_sillonner…
    Est-ce que tu sais si il existe un chemin qui relie la plateforme du terril à la ruelle de l’enfer?
    Merci et bonne continuation…

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    1. Salut, Oui, c’est possible, mais il faut choisir le bon sentier… A distance, j’aurais du mal à conseiller autre chose que de « descendre », ce qui pour aller vers (la rue de) l’enfer est tout à fait normal…

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